Nautisme, voiles et technologies

Les premiers jalons du rétrofit vélique posés lors du salon Euromaritime 2026

visuel de retrofit vélique sur un roulier par wisamo et intervention lors d'euromaritime 2026

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Publié le 25/02/2026 - Dernière modification le 23/02/2026

À l’occasion de l’édition 2026 d’Euromaritime, le programme Bretagne Sailing Valley porté par l’agence a présenté une offre de rétrofit vélique visant à équiper les navires professionnels de systèmes de propulsion vélique. Une initiative visant à répondre aux enjeux de décarbonation du transport maritime et où la Bretagne et son riche écosystème peuvent trouver leur place sur un marché représentant 1 200 navires dans le monde facilement « rétrofitables » selon une étude de l’association Wind Ship, l’un des partenaires du projet avec Bretagne Pôle Naval.

À Marseille, l’horizon du rétrofit vélique s’est dégagé. Le programme Bretagne Sailing Valley porté par l’agence était présent à l’édition 2026 du salon Euromaritime sur un pavillon régional coordonné par Bretagne Pôle Naval (BPN) et avec le concours de Bretagne Commerce International et du Pôle Mer Bretagne Atlantique. Objectif de cette présence : présenter l’offre de transformation des navires pour leur implémenter des systèmes de propulsion vélique.

Des atouts et des expertises déjà présentes en Bretagne pour le retrofit vélique

Porté par Bretagne Sailing Valley et en partenariat avec l’association Wind Ship et BPN, ce projet coïncide avec les ambitions de décarbonation du transport maritime par la réduction de la consommation de carburant. « L’idée serait de profiter des arrêts techniques des navires dans les ports bretons afin de leur intégrer une solution d’assistance vélique, explique Arnaud Cacquevel, responsable du programme Bretagne Sailing Valley. Plusieurs technologies sont envisagées, telles que les ailes rigides, les ailes souples ou encore les rotors Flettner, déjà déployés avec succès en Angleterre et aux Pays-Bas. En termes d’impacts environnementaux, l’assistance vélique permettrait de réduire de 5 à 20% les émissions avec la possibilité d’augmenter ce chiffre grâce à des solutions de routage optimisées. La Bretagne, en tant que premier pôle national de réparation navale, associée aux nombreux constructeurs de système de propulsion vélique, aux armateurs, aux fournisseurs d’équipement et aux architectes et cabinets d’étude, est le lieu idéal pour rétrofiter les navires. La Bretagne, et plus largement le Grand Ouest, dispose ainsi de toutes les compétences et technologies nécessaires pour mener à bien ce projet. »

Euromaritime 2026 a ainsi été l’occasion de prendre le pouls auprès de plusieurs acteurs qui ont déjà manifesté leur intérêt pour la construction de cette offre et leur expertise comme Beyond the Sea (spécialiste des cerfs-volants de traction), Wisamo (ailes gonflables), Fourré Lagadec (systèmes anti-dérive) et CT Merforte (cabinet d’ingénierie), qui ont pris part à une table ronde dédiée à ce sujet sur le pavillon Bretagne durant le salon.

Un marché estimé à 1 200 navires

Ciblant uniquement les grands navires professionnels – marine marchande ou militaire – cette offre se veut clé en main pour tous les armateurs désireux d’embarquer dans cette démarche. Elle inclura planning détaillé pour l’installation des systèmes véliques, des études d’ingénierie (stabilité, intégration sur le pont, compatibilité avec les structures existantes), ainsi qu’une analyse des coûts et de l’efficacité énergétique. « L’objectif est de fournir aux armateurs une solution complète, adaptée à leurs besoins, avec une liste de fournisseurs capable de répondre à leurs besoins et de les accompagner dans cette transition. »

Toujours en phase de construction, cette offre doit être finalisée afin d’être présentée lors du salon SMM d’Hambourg, en septembre 2026. Après la grand-messe du secteur maritime, une phase de prospection sera lancée afin d’adresser cette offre auprès des armateurs du monde entier. L’association Wind Ship estime à 1 200 le nombre de navires qui pourraient facilement bénéficier d’un retrofit vélique et ainsi arpenter les mers grâce à une propulsion hybride. D’avril à septembre, la structure mènera une étude sur l’intégration, la maintenance et le retrofit des navires marchands propulsés par le vent. L’objectif est de mieux comprendre les besoins, les capacités et les opportunités économiques liées à ce secteur industriel émergent en France et en Europe.

Crédit photo du navire : ©Wisamo.