Actualité Hydrogène renouvelable

Décarboner la mobilité terrestre : la filière bretonne hydrogène renouvelable face à ses prochains défis 

Retour sur journée filière Bretagne Hydrogène renouvelable 9 juillet 2026

Temps de lecture : 5 min

Publié le 16/07/2026

Le 9 juillet 2026, Bretagne Next réunissait au Bâtiment 78 de La Janais, à Saint-Jacques-de-la-Lande, une soixantaine d’industriels, opérateurs de mobilité, collectivités et institutionnels pour la première rencontre semestrielle 2026 du programme Bretagne Hydrogène Renouvelable. Thème de la journée : la décarbonation de la mobilité terrestre avec le vecteur hydrogène renouvelable. Entre tables rondes, forum des solutions et ateliers thématiques, une filière bretonne convaincue, mais lucide sur les obstacles qui restent à lever. 

Jeudi 9 juillet, L’Eclozr ouvrait les portes du Bâtiment 78 de La Janais, en périphérie de Rennes, pour la première rencontre semestrielle 2026 de la filière H2 (hydrogène renouvelable), organisée avec le soutien de la Région Bretagne. Au programme de cet événement consacré à la décarbonation de la mobilité terrestre : deux tables rondes animées par Élodie Boileux, responsable du programme Bretagne Hydrogène Renouvelable au sein de l’agence Bretagne Next, un forum des solutions réunissant startups et industriels bretons, et deux ateliers thématiques en après-midi. Bretagne Supply Chain a assuré l’animation de l’atelier décarbonation de la mobilité et ExcelCar a partagé son activité lors d’une visite de sa plate-forme technologique dédiée à la mobilité.  

En préambule de la journée, André Crocq, conseiller régional délégué à la transition énergétique, a ouvert les débats en rappelant que les enjeux climatiques ne relèvent désormais plus de la simple menace. Ils sont déjà bien visibles. « Les constats que nous formulons depuis le début du XXIesiècle se vérifient maintenant concrètement. Ce n’est plus de la prospective. » Un contexte particulier dans lequel s’intègre le programme H2 breton. « Ce projet, nous le portons depuis une dizaine d’années avec les départements, la région et l’État, rappelle l’élu. Ce n’est pas un projet né d’une opportunité : c’est un choix politique, construit dans la durée, avec des partenaires qui ont accepté de jouer collectif. » 

Des solutions qui existent, des verrous qui résistent 

Les dix intervenants réunis autour des deux tables rondes ont dressé un état des lieux précis. L’hydrogène ne répond pas à tous les usages, mais il est imbattable là où l’intensité d’exploitation est maximale : poids lourds longue distance, véhicules de collecte effectuant deux tournées quotidiennes, engins de chantier en fonctionnement continu. « Ces machines ne peuvent pas attendre une heure et demie de recharge. C’est pour ces usages intensifs que l’hydrogène a du sens », a souligné Stéphane Zinola, directeur R&D d’EHM. Une lecture que Hyundai, GCK et Hyliko ont complétée depuis leurs propres technologies, davantage complémentaires que concurrentes. La diversité des profils réunis (constructeurs, développeurs de stations, opérateurs de transport, collectivités et industriels) a en elle-même illustré la dynamique d’une chaîne de valeur bretonne qui se structure. 

Sur le terrain, les questions restent entières. « On nous demande de nous engager sur cinq ans. Personne ne sait aujourd’hui quel sera le régime fiscal de l’hydrogène dans trois ans. Un transporteur se bat pour gagner dix à quinze euros de marge par jour… Quelques euros de plus en fiscalité, et le modèle s’effondre », a souligné Nicolas Didier, directeur technique d’EONNET. Côté infrastructure, la Bretagne dispose d’un maillage encore limité : entre 60 et 70 stations seront nécessaires pour répondre aux objectifs du règlement européen AFIR, contre quelques points d’avitaillement aujourd’hui (cette réglementation oblige les États membres à déployer au minimum une station hydrogène tous les 200 km sur les grands axes, et dans chaque agglomération de plus de 100 000 habitants). 

« Faire coopérer les territoires entre eux » 

Derrière les constats, la journée a permis à chacun de repartir avec des pistes concrètes. Un transporteur en réflexion ? Le réseau de stations privées en développement sur le territoire breton constitue un premier point d’entrée accessible aujourd’hui. Une collectivité qui envisage de décarboner sa flotte ? L’étape prioritaire, rappelée tout au long de la journée, est d’identifier ses usages avant de raisonner en infrastructures… Et de solliciter la Région Bretagne pour un accompagnement à l’étude préalable. 

Pour les territoires déjà engagés, les enseignements de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la Région sur Brest ont posé un challenge collectif. « Une trentaine d’acteurs nous ont contactés et six ont répondu formellement. Ce n’est pas un échec : c’est un enseignement. Le grand défi des prochaines années, c’est de faire coopérer les territoires entre eux », a expliqué Maximilien Le Menn, chef de mission H2 et smart grids à la Région Bretagne.  

À travers le programme Bretagne Hydrogène Renouvelable, Bretagne Next anime la filière régionale en favorisant coopérations, défrichage de nouveaux marchés et usages, partage de retours d’expérience et émergence de projets structurants. Autant de leviers au service de la réindustrialisation du territoire et de sa souveraineté énergétique. 

À cocher dans les agendas : l’agence Bretagne Next donne rendez-vous à la filière hydrogène renouvelable le vendredi 18 septembre 2026 pour son prochain H2 Breakfast.